Visite du chantier préparatoire aux EPR2 de Penly par une délégation du HCTISN
Publié le 29 septembre 2026
De gauche à droite : Roberto Miguez (CGT), Roger Spautz (Greenpeace), Cécile Laugier (EDF), Frédéric Hennion (EDF), Dominique Voynet (députée), Jacky Bonnemains (Robin des Bois), Claude Birraux (personnalité qualifiée), Laurence Gazagnes (Orano), Julien Collet (ASNR), Benoît Bettinelli (HCTISN), Elsa Demangeon (HCTISN)
Une délégation de membres du Bureau du HCTISN s’est rendue, le lundi 28 septembre 2026, sur le chantier préparatoire aux EPR2 à Penly. Cette visite a été l’occasion d’évaluer l’avancement des travaux de génie civil et d’infrastructures préparatoires à la construction des deux EPR2 et les mesures environnementales et compensatoires mises en place.
La délégation a été reçue par Frédéric Hennion, directeur du projet EPR2 de Penly, et des membres de son équipe.
Résumé des échanges :
Le projet des deux réacteurs EPR2 de Penly s’inscrit dans le cadre de la relance du programme nucléaire français. Le calendrier prévoit l’obtention du décret d’autorisation de création (DAC) d’ici fin 2026, le premier "béton nucléaire" en mars 2029 pour Penly 3 et une mise en service en 2038 pour Penly 3 et en 2039 pour Penly 4. Le pic d’activité est attendu entre 2031 et 2032, avec environ 10 000 travailleurs sur le site.
L’organisation du projet a été repensée suite aux enseignements tirés du chantier de Flamanville. En particulier, une séparation claire a été établie entre la maîtrise d’ouvrage (MOA) et la maîtrise d’œuvre (MOE). Cette séparation vise à améliorer la traçabilité des décisions et à éviter certains écueils qui peuvent être observées sur d’autres chantiers.
Les travaux de génie civil préparatoires à la construction des EPR2, réalisés par Eiffage, sont en cours. Ils s’inscrivent dans le cadre du décret d’autorisation environnementale, publié le 3 juin 2024, conformément aux dispositions de la loi du 10 mars 2023 relative à l’accélération des procédures liées aux installations nucléaires. La falaise a été reprofilée sur 30 mètres sans utiliser d’explosifs pour des raisons de sécurité liées à la proximité du CNPE existant. Des techniques de stabilisation ont été mises en œuvre, incluant du béton projeté sur les pentes les plus raides ; des filets de coco sont également installés pour réimplanter de la végétation locale. La craie excavée est réemployée à 90 % pour la plateforme maritime/digue, avec un objectif de 96 % de réemploi. Le choix des granulats revient au génie civiliste dans le respect des spécifications techniques demandées par EDF. La chaîne de sous-traitance est également gérée par Eiffage, avec une intervention d’EDF uniquement en cas de problème avéré.
La digue, structure clé du projet, est composée de craie, de couches d’enrochements et de blocs cubiques rainurés. Les 14 000 blocs nécessaires ont déjà été produits. La digue est conçue pour résister, aux marées, tempêtes et élévation du niveau de la mer prenant en compte, avec une marge, les prévisions jusqu’à 2100.
Les granulats nécessaires à sa construction proviennent principalement de la carrière du Boulonnais dans le Nord de la France. Les enrochements pour la digue proviennent à 66 % de Norvège et à 33 % du Nord de la France. Le transport de ces matériaux, par voies maritime et terrestre, est organisé pour minimiser l’impact environnemental.
Une ligne ferroviaire, en cours de rénovation, permettra d’acheminer par deux trains quotidiens les matériaux de construction vers le chantier EPR2 de Penly, à partir de 2028.
Sur le plan environnemental, un projet de recherche est mené avec l’IFREMER pour étudier la réimplantation des moulières et hermelles, avec un budget de 400 000 euros sur cinq ans. Treize sites de compensation écologique sont prévus pour un coût total de 20 millions d’euros, incluant la création de mares pour 1 200 amphibiens et la réhabilitation de zones humides. Ces mesures font l’objet d’un suivi scientifique, prévu sur 80 ans, en lien avec la DREAL Normandie.
En matière de sécurité, le chantier bénéficie des dispositifs de protection existants du CNPE, incluant des radars et une interdiction de survol.
La sécurité des travailleurs est une priorité absolue, avec un objectif de taux de fréquence des accidents (LITR) inférieur à 1. Des mesures spécifiques ont été mises en place, incluant des causeries sécurité et des équipes dédiées à la prévention (préventeurs).
Le projet soulève également des enjeux importants sur le logement. Environ 10 000 travailleurs sont attendus au pic du chantier, dont environ 4 000 locaux et 6 000 venant d’autres régions selon les prévisions d’EDF. Des solutions de logements temporaires modulaires sont envisagées, avec la possibilité de les réutiliser sur le chantier des futurs EPR2 de Gravelines et, pour les logements pérennes, de transformer des logements dédiés initialement à des "célibataires" en logements familiaux. Ces sujets sont évoqués dans le cadre du Comité Grand Chantier et font l’objet de discussions entre EDF, les collectivités locales, France Travail et les bailleurs sociaux notamment.
Concernant la formation et l’emploi local, le dispositif "Normandie Nouveau Nucléaire Compétences" (3NC) a été créé pour identifier les besoins en compétences et organiser des formations adaptées. Un centre de formation sera installé à Arques-la-Bataille, près de Dieppe, pour reproduire des salles types et permettre aux travailleurs de se former dans des conditions réalistes. Une école de soudure a également été ouverte à Cherbourg en partenariat avec Orano.
La présentation faite par EDF est disponible ci-dessous :
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Presentation EDF - EPR2 Penly
pdf, 4.7 Mio